
Samedi 29 janvier à Granville, l'Assemblée générale de l'Association de Défense de la ligne Caen-Rennes accueillait Laurent Beauvais, venu
présenter l'action de la Région dans le domaine ferroviaire.
Il y a des points positifs. De réelles améliorations sont enfin programmées, en particulier pour le Paris-Granville. Des initiatives heureuses ont abouti: c'est le cas du
"Trans Baie" reliant Granville à Pontorson, réel succès.
Ainsi, certaines dessertes progressent... tandis que d'autres prennent fin, comme la liaison directe Saint-Lô-Paris, qui n'a pas rencontré le succès escompté faute
d'horaires adaptés.
Une grande vision d'avenir est aujourd'hui portée par le projet de ligne à grande vitesse Cherbourg-Caen-Paris. Il est plus que temps! La Basse-Normandie, en
temps relatif, n'a pas cessé de s'éloigner de Paris par rapport à d'autres régions, telles la Bretagne, le Nord ou la Région Rhône-Alpes, que le
TGV a notablement rapproché de l'Ile de France, où se concentre 30% de la richesse nationale. Peu d'entreprises n'ont ni clients ni fournisseurs dans la Région capitale. Rester
durablement à l'écart de son développement serait source de régression économique. La ligne à grande vitesse est donc vitale pour l'avenir.
Elle ne verra cependant le jour que dans une quinzaine d'années. Par ailleurs, elle ne couvre que l'extrême-Nord de notre Région.
J'ai donc rappelé à Laurent Beauvais la nécessité d'aborder le problème de nos liaisons avec l'Ile de France par le Sud de la Manche. Il ne s'agit pas d'une utopie: le
TGV s'arrête déjà deux fois par jour à Dol de Bretagne, à deux pas de Pontorson, par où arrivent chaque année les trois millions de visiteurs du
Mont Saint-Michel, et à trois pas d'Avranches et de Folligny, où un espace suffisant existe pour le retournement de rames de TGV.
Le TGV passe déjà à 60 kilomètres d'Avranches. Dans l'immédiat, on aura bien plus vite fait de l'y amener en procédant aux investissements nécessaires sur les voies vétustes entre Dol et
Avranches que de le faire venir à Cherbourg, et pour beaucoup moins cher!
Ce projet avait d'ailleurs été prévu aux contrats de projet Etat-Région de Bretagne et de Basse-Normandie signés en 2007, à ma demande (j'étais alors au gouvernement...). Un
total de 99 millions d'euros avait été inscrit en financement! Mais depuis, si des travaux ont bien été programmés pour 2013, les ambitions ont été revues à la baisse.
Pourquoi?
-Parce que la Région Bretagne ne veut pas payer pour transporter des voyageurs vers le Sud Manche;
-Parce que la Region Basse Normandie n'aime pas les lignes à grande vitesse à cause des Verts;
-Parce que la SNCF n'a pas envie d'investir pour le transport des visiteurs du Mont Saint-Michel;
-Parce que l'Etat, constatant que le dossier n'était plus porté localement, ne l'a pas inscrit au Plan de Relance.
Laurent Beauvais juge le rapport de forces défavorable à la Basse Normandie. Raison de plus pour nous serrer tous les coudes, sans distinction politique, comme les Bretons savent si bien le
faire, pour que ce projet simple et réaliste aboutisse enfin!