
Je voudrais dire pour commencer qu'avec l'arrivée de Francine Fourmentin et de Marylène Fillatre, toutes deux élues du Sud Manche, et avec la ré-élection probable (et souhaitable!) de Christine Lebacheley, la place des femmes va se renforcer au conseil général malgré le départ de Jacqueline Chanoni, qui a joué un rôle majeur dans le redressement des finances départementales. Je souhaite vivement qu'elles prennent toute leur place dans notre assemblée car je crois à la nécessité de la mixité pour la qualité du débat démocratique.
Le premier tour des élections cantonales n'a pas bouleversé les équilibres politiques de la Manche, qui sont restés stables.
Pourtant, même s'il réagit avec pondération, comme à son habitude, notre département n'échappe pas aux interrogations profondes qui traversent notre pays.
Ces interrogations témoignent des difficultés de la vie quotidienne pour beaucoup de Français, dans cette période de crise économique qui n'est toujours pas derrière nous. Elles reflètent aussi les attentes des Français sur la façon de gouverner: celles-ci portent sur le respect des valeurs de la République, la justice sociale et une pratique du pouvoir plus ouverte au dialogue. Il n'y a rien là d'inaccessible à qui veut entendre.
Le Président de la République ne peut manquer d'y être attentif: dans ces temps d'épreuve, il lui appartient de rassembler les Français en recherchant tout ce qui les unit et en fuyant tout ce qui les divise.
Au plan national, je n'approuve pas le choix de renvoyer dos à dos socialistes et extrême droite en refusant de choisir entre eux. Il y a un moment où le calcul politique doit céder devant la morale. Il faut non seulement proscrire toute alliance avec le Front National, mais il faut aussi le combattre fermement et sans état d'âme, comme l'a fait Jacques Chirac avec le soutien de plus de 80% des Français en 2002.
Et il faut inlassablement expliquer pourquoi.
Le Front National a fait de l'étranger le bouc émissaire de toutes nos difficultés en jouant sur nos peurs: qui peut croire que toute cette démagogie peut apporter la moindre solution à nos difficultés? Que chasser les étrangers, leur faire porter tous les péchés du monde, résoudra nos problèmes d'emploi, de logement, d'agriculture, de transports, d'école, de déficits, de santé ? Cette vision des choses ne peut conduire qu'à la violence, à la haine et donc au désordre, à l'instabilité et à la crise.
La politique de maîtrise de l'immigration et de fermeté contre l'immigration irrégulière, tout comme le combat contre tous les fanatismes religieux, d'où qu'ils viennent, est une nécessité incontournable. Il n'y a pas de débat là-dessus entre forces politiques. Mais faire porter à l'étranger la responsabilité de nos problèmes n'est pas seulement une erreur, c'est une faute contre la République, dont les lois, qui s'appliquent à tous sans distinction, respectent aussi chacun sans distinction. Pas de complaisance possible dans ce domaine, car on touche au coeur de la vie en société et des droits fondamentaux de la personne humaine proclamés par la France en 1789 et qui ont inspiré toutes les grandes démocraties !