
Jeudi 28 avril, nous avions enfin obtenu rendez-vous avec Luc Chatel pour défendre nos écoles. Le Président Le Grand et moi étions accompagnés de deux députés du Département (MM. Huet et Gosselin), du Sénateur Bizet et du Président de l’Association des maires, M.Claude Halbecq.
A la rentrée prochaine, malgré le vote unanime du comité départemental de l’éducation nationale, 26 classes seraient supprimées dans la Manche, et 10 de plus pourraient l’être en septembre si le nombre d’élèves accueillis était en baisse par rapport aux prévisions. On nous annonce pire encore pour la rentrée suivante.
Nous avons plaidé auprès du ministre pour qu’il prenne en compte nos spécificités : on ne peut appliquer les mêmes règles à la Manche qu’à un Département urbain : la forme tout en hauteur de notre territoire et la longueur de sa façade maritime allongent considérablement les déplacements et notre population est très dispersée par rapport même à d'autres départements ruraux. Le regroupement des écoles produit donc des temps de transport plus longs qu'ailleurs.
La fermeture de classes ou d’écoles se traduit par des transports d’élèves de plus en plus pénibles et coûteux, préjudiciables à l’équilibre de vie d’enfants très jeunes, pour qui c’est une source de fatigue bien inutile. N'oublions pas qu'il ne s'agit pas de lycéens, ni même de collégiens, mais d'enfants de moins de onze ans! La conséquence, c’est une dégradation de la qualité de la vie rurale et une incitation supplémentaire pour les familles à déserter la campagne, alors qu’au contraire nous faisons tout pour améliorer l’attractivité de notre territoire. Je redis que l’éducation nationale ne doit pas raisonner seulement en fonction de ses propres problèmes : c’est un service de l’Etat et l’Etat est comptable de l’équilibre des territoires. Quand le tissu rural s’effiloche, c’est toute la société qui est atteinte dans ses équilibres fondamentaux.
Luc Chatel a souligné qu’il était lui-même élu d’un territoire rural et, comme tel, très sensible à ces problèmes. Mais il a rappelé la situation critique de nos finances publiques, en soulignant que les efforts demandés en France pour faire des économies étaient loin d’être aussi rudes que ce qui est en cours actuellement en Grande Bretagne ou en Espagne. Ce n’est guère rassurant…
Pour autant, le ministre a officiellement accepté d’ouvrir la porte à des assouplissements en « prenant acte de la spécificité rurale et géographique du Département de la Manche » et en acceptant d’examiner à la rentrée « les situations à la limite des seuils d’ouverture de classe ».
Cela nous donne un petit espoir qu’une partie de fermetures envisagées sera reconsidérée. Si c’est le cas, nous n’aurons pas fait le déplacement pour rien