
Dans une semaine ont lieu les élections sénatoriales. On aura très peu parlé de cette campagne. Elle est pourtant fort intéressante. Elle se passe discrètement et sérieusement, en petits comités, les candidats allant à la rencontre des grands électeurs dans les mairies des chefs lieux de canton pour faire leurs propositions et discuter des projets et des difficultés des collectivités. Les réunions sont longues (environ deux heures à chaque fois) et approfondies. On y parle du rôle du Sénat (l’Assemblée des Territoires, à côté de l’Assemblée du Peuple), de la mission des Sénateurs (être au service des élus qui sont au service des gens), des attentes des communes (moins de normes appliquées de manière moins rigide ; des moyens renouvelés pour mieux servir la population ; une intercommunalité bâtie librement autour de projets communs, avec le temps nécessaire pour faire du bon travail). On aborde les problèmes de la présence médicale, des services publics, de l’école, mais aussi ceux des infrastructures (routes et trains) et de l’activité économique (agriculture, industrie agro-alimentaire, tourisme, filières d’excellence, nucléaire, énergies renouvelables, commerce, artisanat…). Enfin, les problèmes nationaux, européens et mondiaux absorbent une grande partie des réunions, démentant l’idée fausse que les grands électeurs ne seraient sensibles qu’aux problèmes locaux.
Bien au contraire, la préoccupation qui est actuellement celle de tous nos concitoyens vis-à-vis des déficits, de la dette et des menaces qui pèsent sur l’euro est portée de manière accentuée par les grands électeurs. J’y réponds, comme mes colistiers Jean Bizet et Jean-Louis Valentin, avec des convictions fortes :
détermination dans la réduction des déficits,
effort partagé entre tous, en particulier les titulaires de hauts revenus ou les détenteurs de gros patrimoines,
engagement résolu en faveur de l’Europe, pour qu’elle exprime enfin une volonté politique forte dans la mondialisation : elle doit parler d’égale à égale avec les grandes puissances économique, Chine, Inde, Etats-Unis, Russie, Brésil, Japon…
Nous avons plusieurs années d’efforts devant nous. Nous ne pourrons y parvenir qu’en restaurant la cohésion de la communauté nationale. Il faut plus que jamais rassembler et non diviser. Cela exige de revenir à un humanisme républicain dont nous n’aurions jamais dû nous éloigner, avec une exigence de justice sociale qui ne se cantonne pas à des faux semblants. Situons les priorités : réformes et baisse des déficits d’un côté, justice fiscale et sociale de l’autre. L’emploi des jeunes doit être l’ambition majeure des prochaines années, avec une réforme profonde de notre système de formation : étudier, dès l’enseignement secondaire, ce doit être se préparer à un métier, dans la double dimension de la qualification intellectuelle et de l’apprentissage d’une pratique. On en est loin aujourd’hui , où seule la dimension intellectuelle est réellement cultivée par l’éducation nationale!