
Le programme socialiste de sortie progressive du nucléaire et l’accord électoral conclu avec les Verts au mépris de nos intérêts nationaux appellent des réactions fermes. Une chose est de se soucier, à juste titre, du développement des énergies renouvelables et de la sécurité nucléaire, une autre serait de renoncer à une forme d’énergie en réalité plus propre, moins dangereuse et moins pénalisante pour l’environnement que les autres, quoi qu’en disent ses détracteurs, lesquels ne sont pas des savants mais des activistes politiques.
La réduction de plus d’un tiers de la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2025 et l’abandon progressif du retraitement des combustibles radioactifs dans le cadre de la filière MOX porteraient une atteinte d’une gravité exceptionnelle aux intérêts fondamentaux de la France, aux exigences du développement durable, au maintien du pouvoir d’achat des Français, à l’emploi et à la croissance économique.
Dans la Manche, dont l’expérience et la compétence en matière nucléaire sont mondialement reconnues, les atermoiements politiciens de ces derniers jours laissent les salariés et les populations sous le choc.
Une décision de ce genre ne peut en tout état de cause s’improviser. Elle ne saurait relever d’un accord électoral de partage de circonscriptions conclu entre partis politiques mais d’un débat démocratique national entre les Français pour répondre à des questions simples :
1-Voulons-nous augmenter massivement la production de gaz à effet de serre par une aggravation de grande ampleur de la pollution atmosphérique due au recours aux énergies fossiles, seule alternative raisonnablement possible au nucléaire à la hauteur des choix écolo-socialistes ?
2-Voulons-nous augmenter par voie de conséquence notre dépendance par rapport au gaz russe et aux champs pétrolifères du Proche-Orient, avec le danger d’un alignement sur la politique américaine dans cette région, par exemple en Irak où nous avions refusé la guerre ?
3-Voulons-nous augmenter notre facture d’électricité de 40%, avec un prélèvement sans précédent sur le pouvoir d’achat des ménages français et une pénalisation radicale de nos entreprises qui se traduira par de nombreuses pertes d’emploi ?
4-Voulons nous saborder notre avenir nucléaire en sabordant le développement de l’EPR et de la filière du retraitement, qui sont parmi nos plus grandes forces à l’exportation car nous savons bien que les pays émergents (Chine, Inde…) vont devoir multiplier leurs centrales nucléaires dans les trente prochaines années et que la technologie française a la réputation d’être la plus sûre et la plus performante du monde?