La campagne pour le second tour de l'élection présidentielle a démarré à 100 à l'heure- trop vite en tout cas.
Il faut faire attention à ne pas aller trop loin. Oui nous voulons répondre aux attentes de Français qui ont exprimé leur désaveu, voire leur dépit, au premier tour. Cependant, nous n'avons pas
fait le même choix qu'eux le 22 avril car nous pensons que les propositions du Front National mènent tout droit à l'appauvrissement des Français, à l'isolement de la France, à
l'intolérance, à la haine, à la violence civile.
Pour autant,nous n'interprétons pas le vote FN comme un vote d'adhésion à une idéologie raciste et destructrice des libertés, ni comme une confiance exprimée à Marine Le Pen pour bien répondre
aux attentes économiques et sociales les plus pressantes des Français en difficulté.
Non! Le vote Le Pen est un vote populaire qui exprime avant tout colère, dépit, déception à l'égard de la politique car elle n'améliore pas assez ni assez vite les conditions de vie des gens
modestes, qui se dégradent dans la crise . Or, même s'ils ont conscience des limites de leurs pouvoirs, trop de politiques ne se privent pas d'entretenir des espoirs qu'ils ne sont pas en
mesure de satisfaire. Il ne faut pas s'étonner qu'ensuite le retour de bâton soit violent, le ressentiment s'ajoutant aux difficultés de la vie quotidienne.
Mais justement, nous devons parvenir à faire comprendre que la solution aux problèmes de pouvoir d'achat et d'emploi n'est pas dans la distribution de revenus à compte d'Etat, parce que
cela mène tout droit à une cure d'austérité et à plus d'impôts quand il faut rembourser les déficits et la dette. L'amélioration du pouvoir d'achat viendra du travail et de l'allègement du
poids de l'Etat, pas de l'augmentation des allocations et des emplois publics à la charge des contribuables. C'est la principale différence entre Sarkozy et Hollande. Et c'est ce qu'il faut
inlassablement expliquer aux Français, sans s'écarter de ce discours central ni entrer à notre tour dans des considérations idéologiques oiseuses qui n'ont rien à voir avec nos
valeurs.