
La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen le proclame ainsi dans son article 4 :" la
liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui". Aucune liberté n'est donc sans limite, y compris la liberté d'expression. Les limites sont fixées par la loi. L'autorité
administrative doit les faire respecter. Elle agit elle-même sous le contrôle du Conseil d'Etat, qui veille à ce que les limites apportées à la liberté n'aillent pas au-delà des prescriptions de
la loi. La loi elle-même est soumise au contrôle du Conseil constitutionnel, qui veille à sa conformité aux libertés fondamentales. Par ailleurs, les tribunaux judiciaires appliquent les
sanctions pénales que la loi prévoit quand des propos publics sont délictueux. C'est le cas notamment des propos racistes et xénophobes, qui portent des atteintes inacceptables au respect de la
personne humaine.
Compte tenu de la nature des propos publics tenus par le prétendu comique Dieudonné, qui ont
donné lieu à plusieurs condamnations pour délit par les tribunaux judiciaires, le Conseil d'Etat a estimé qu'il n'était pas illégal qu'un maire interdise son spectacle. Il avait admis aussi la
légalité de l'interdiction de spectacles de "lancers de nains", qui attentaient à la dignité humaine.
L'interdiction d'un spectacle est un acte grave qui doit rester exceptionnel. Mais qu'un
soi-disant "humoriste" rameute son public par des propos et des attitudes lourdement antisémites dépasse assurément les limites de ce que les Français peuvent accepter au nom du respect des
libertés et de la tolérance pour ce qui se veut amusant. Il restera un espace bien suffisant pour être drôle.