Au-delà de la stabilité globale qui les caractérise, les élections municipales ont montré plusieurs choses intéressantes dans notre département :
Dans les villes les plus disputées, une forte attente de renouvellement s’est exprimée, ce qui n’empêche pas, ailleurs, le succès d’équipes sortantes qui ont su empêcher les phénomènes d’usure en démontrant leur cohésion, leur dynamisme et leur efficacité, et en prévenant toute division. Là où des compétitions ont existé, où un choix large a été offert aux électeurs, une préférence claire s’est exprimée en faveur d’un renouvellement profond, et elle s’est alors exprimée fortement.
Dans les villes où la dimension partisane revêt une certaine importance, la gauche conserve ses principales positions mais subit une érosion : si elle garde Cherbourg et Tourlaville, si elle prend La Glacerie, elle ne parvient pas, deux ans après 2012, à convertir en succès locaux sa percée des élections présidentielle et législatives. On le voit à Saint-Lô, Coutances, Valognes, Querqueville ou Carentan, et elle perd des villes comme Granville ou Pontorson. La victoire à Avranches et Villedieu-les-Poêles de listes au positionnement politique non affiché n’est pas liée à un choix partisan mais à un contexte politique local qui s'est révélé défavorable au maire sortant.
Pour 2015, la déception d’une grande partie des électeurs de François Hollande et les divisions de la gauche, accrues par le positionnement plus droitier du nouveau gouvernement, ouvrent un espace à la majorité départementale. Cet espace devra être pleinement investi lors des élections départementales en s’inspirant de ce qui a marché aux élections municipales.
Il y aura à coup sûr la gauche d’un côté, il devra y avoir de l’autre non pas la droite et le centre, mais la défense et la promotion des intérêts du territoire et de ses habitants.